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Laboratoire d'Ingénierie des Systèmes de Versailles - Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines

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LISV- Laboratoire d' Ingénierie des Systèmes de Versailles

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La tête d’Henri IV retrouvée

Alors qu’elle dormait dans les archives d’un retraité collectionneur depuis 50 ans, la tête momifiée d’Henri IV a été retrouvée en 2008 par deux journalistes documentaristes, et authentifiée en décembre dernier par le docteur Philippe Charlier (APHP-UVSQ) et son équipe. Si l’ADN de la relique était trop abîmé pour être exploité, le paléopathologiste du service de médecine légale de l’hôpital universitaire de Garches a rassemblé plus de 30 preuves pour certifier la provenance de ce crâne.


 
Au centre le docteur Philippe Charlier, médecin légiste, entouré des journalistes Pierre Belet et Stéphane Gabet, lors de la conférence de presse du 16 décembre 2010


Dix-neuf spécialistes venus bénévolement des États-Unis, des quatre coins de l’Europe, et six mois d’investigations scientifiques, auront été nécessaires pour identifier les restes découverts par Stéphane Gabet et Pierre Belet. « Bien que s’agissant du crâne présumé d’Henri IV, nous avons appliqué à ce dossier la même froideur scientifique qu’à un cadavre X » a précisé Philippe Charlier, lors d’une conférence donnée à la presse le 16 décembre 2010.
L’équipe du médecin légiste, saisie par un comité composé d’historiens, s’est intéressée aux détails anatomiques de la relique. Parmi les plus significatifs : une lésion atypique sur le nez, un trou à l’oreille droite et une trace de blessure du côté de la lèvre supérieure. « Le port d’une boucle à l’oreille droite est caractéristique des habitudes de la cour des Valois, au sein de laquelle fut élevé Henri IV. La cicatrisation osseuse au niveau de la lèvre corrobore avec la tentative d’attentat de Jean Chastel contre le roi en 1594 », a noté le paléopathologiste.
C’est à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, à Paris, que la momie a laissé apparaitre son visage. Les travaux de superpositions faciales réalisés à l’aide de scanners ont mis en évidence une adéquation parfaite entre les images obtenues, les portraits contemporains du souverain, et son masque mortuaire. Un pas de plus vers l’authentification de la tête, conforté par sa datation au carbone 14. « L’analyse situe la tête entre 1450 et 1650. Le roi a été assassiné en 1610 ».
Le doute n’aurait plus été permis si le crâne, comme celui de tous les rois de France, avait été scié lors de son embaumement. Des incertitudes dissipées par les écrits de Pierre Pigray, embaumeur d’Henri IV. Celui-ci indique avoir traité le corps du souverain à l’italienne, technique excluant toute ouverture de la tête, et le couvrant d’une pellicule de charbon (laquelle a été retrouvée à l’expertise). « Pris indépendamment, ces résultats n’ont aucune valeur. C’est uniquement la convergence de l’ensemble vers l’identité du roi qui permet d’authentifier formellement la relique » a souligné le médecin. Quant à l’ADN, il était inutilisable. Les conditions de conservation du crâne et une errance de plus de 200 ans ont eu raison de la molécule.
Car des révolutionnaires aux salles de ventes aux enchères, les restes du monarque ont connu de nombreux déboires. Exhumés en 1793 lors de la profanation de la nécropole royale de la Basilique Saint-Denis, exhibés, puis jetés dans une fosse commune, ils ont fini par réapparaitre au fil des collections privées. La tête, à la demande de son dernier propriétaire, a été remise au descendant direct du roi, Monseigneur Louis de Bourbon. « Je souhaite désormais que mon aïeul soit inhumé dignement en la Basilique Saint-Denis, aux côtés des autres rois de France » a-t-il conclu devant la presse.
 

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Dernière mise à jour de cette page : 14 janvier 2011


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